La DREAL Nouvelle-Aquitaine a organisé le 9 mai 2023 à Limoges (Ester Technopôle) de 14h à 17h, une réunion régionale de concertation sur la consigne.
L’objectif de cette réunion était de présenter, dans une première partie, le contexte réglementaire, quelques chiffres nationaux et régionaux, les études ADEME ainsi que des témoignages sur le mise en place de la consigne du verre.
Une seconde partie a permis, par des ateliers en plénière, de débattre sur la possibilité et la nécessité de la mise en place de la consigne pour les emballages plastique.
Une soixantaine d’acteurs régionaux ont pu participer en présentiel et en visio. (Représentants de L’État, des collectivités et syndicats de déchets, des chambres consulaires, des professionnels de la distribution et de l’alimentation, des entreprises de recyclage du plastique, des têtes de réseau représentatives d’association environnementales et des associations de consommateurs.)
La réunion, présidée par la DREAL et animée par l’association Soltena a permis de nombreux et riches échanges dans un esprit d’écoute mutuelle.
Découvrez les podcasts enregistrés lors de cette journée.
Jacques Regad, directeur adjoint de la DREAL Nouvelle-Aquitaine
Qu’attendez-vous de cette réunion régionale sur la consigne ? Jacques Regad
Alors, on est dans le cadre d’une concertation assez large avec à la fois des élus, des représentants de l’industrie, des utilisateurs, des influenceurs, en quelque sorte, sur le dispositif national également. Donc, on en attend une connaissance, déjà un partage des enjeux, bien connaître de quoi on parle et définition des différents concepts en matière de recyclage de consigne. Donc tout ça est est à préciser et ça permet de partager le même niveau de connaissance. Une attente également par rapport à la connaissance des enjeux. On voit que derrière cette question du recyclage, il y a énormément d’enjeux industriels, des investissements assez lourds qui ont été faits par les collectivités, par des industries pour le recyclage, des chaînes d’approvisionnement assez longues et donc des des systèmes de concurrence potentielle entre la consigne et le recyclage. Donc, bien faire apparaître ces enjeux, bien les connaître et bien les caractériser. Et puis une attente en termes de retour d’expérience, en quelque sorte, des acteurs, notamment sur ceux qui ont déjà mis en place des dispositifs de recyclage, mais également des gens qui proposent des solutions alternatives en matière de consigne. Donc il y a sans doute la place à plusieurs solutions, un mix de solutions en termes techniques. Et donc l’idée, c’est que cette journée, cet après midi de concertation, puisse faire ressortir ces enjeux de manière claire, dépassionnée si possible, et qu’on puisse en tirer quelques enseignements, au moins à l’échelle régionale.
Quels seraient, selon vous, les enjeux liés à la mise en place de la consigne ? Jacques Regad
Ce qui est intéressant dans le dans la confrontation des positions et des propositions des uns et des autres, c’est de voir, de s’apercevoir effectivement qu’on est dans un système national avec des grosses, des intervenants qui ont des intérêts et qui peuvent éventuellement annuler ou limiter certaines propositions, notamment sur la consigne. Moi, je constate que la consigne, elle est mise en place dans plusieurs pays européens et ça fonctionne plutôt bien. Alors, traditionnellement, dans les pays d’Europe du Nord, en Allemagne, on voit que les pays du Sud s’y intéressent. En Grèce, par exemple, il y a un dispositif qui peut fonctionner et je me dis que finalement, c’est un mix de solutions qui permettrait d’améliorer globalement la performance de réutilisation et de réduction des déchets à la source. Donc, la consigne dans ce dispositif, c’est aussi une façon de responsabiliser chacun des citoyens. Donc on est sur un mode d’usage différent par rapport au recyclage, qui est effectivement en quelque sorte décharge l’individu vers un système collectif. Et puis ensuite, on ne sait pas trop ce que ça devient, mais en tous les cas c’est pris en charge par une grosse machinerie. Et donc je me dis que la place de la consigne dans ce dispositif global d’amélioration de la performance écologique, de l’usage des déchets ou du réusage du déchet, c’est un segment qui pourrait convenir à certaines collectivités ou à certains acteurs. En tous les cas, peut être pas un produit de niche comme on dit, mais en tous les cas une solution qui pourrait convenir à certaines filières, et c’est ce qui m’intéresse dans ce débat, c’est de voir comment on peut mettre en place ces dispositifs plus, plus localisés peut être, mais qui contribuent à la performance. Donc, on n’est pas, de mon point de vue, sur la nécessité d’annuler un système ou de remplacer un système avec un autre, bien qu’il y ait des concurrences sur la matière première, en quelque sorte. Mais on est dans un système de complémentarité qu’il nous faut trouver.
Alain Praud, administrateur à UFCV Que Choisir
Qu’attendez-vous de cette réunion régionale sur la consigne ? Alain Praud
Je trouve que c’est une très bonne méthode pour pouvoir essayer de faire remonter justement les les avis de tous les opérateurs et de tous ceux qui sont concernés par ce problème. Donc nous, en ce qui concerne l’UFC Que Choisir, on est évidemment un petit peu contre le principe de cette de cette consigne pour les. Les bouteilles plastiques, puisqu’on considère que, comme l’ont dit certains, c’est que la meilleure, la meilleure prévention, c’est justement de ne pas produire. Et donc il serait plus judicieux, à mon avis, de de supprimer un certain nombre de de plastiques non recyclables, ce qui ferait déjà supprimer un certain nombre de quantités et de plutôt de promouvoir peut être une consommation plus responsable, notamment puisque ça représente surtout les bouteilles d’eau, d’utiliser l’eau du robinet ou de créer des fontaines publiques dans certains endroits pour y utiliser les bouteilles de verre pour pouvoir vraiment faire un recyclage. D’autant plus qu’on sait que c’est un. Ce projet sera pas forcément une très bonne chose sur le plan financier, puisque de toute façon ça retombera, je dirais, sur les budgets de chaque personne puisque ça créerait un nouveau système de de collecte qui existe déjà et donc qui va finalement être imputable automatiquement au consommateur lui même. Voilà. Donc on est beaucoup plus pour ce genre de chose à la fois de la suppression des plastiques non recyclables et puis peut être en effet une consommation plus responsable.
Jean Revereault, vice-président Transition écologique, intercommunalités de France et vice-président financement et fiscalité d’AMORCE
Qu’attendez-vous de cette réunion régionale sur la consigne ? Jean Revereault
Alors, parce que le sujet est national, c’est bien d’être allé en région pour recueillir l’avis des Français sur cette question là, on s’aperçoit qu’il peut y avoir des spécificités. Alors pas tant que ça, mais il y en a quand même. Et par contre, c’est intéressant de voir comment les Français, les collectivités, ils voient le sujet à l’aune de leur territoire. Et c’est bien de l’avoir fait plutôt qu’une réunion de grande réunion parisienne avec trois cents personnes. C’était mieux de le faire avec notre région.
Existe t-il des particularités régionales dans le domaine ? Jean Revereault
Alors pour nous, collectivités locales qui ne sommes pas favorables à un nouveau cycle de recyclage du plastique, puisqu’on le fait très bien à travers les collectes sélectives, L’idée par contre, c’est de reparler des systèmes de consigne du verre et pour appuyer notamment dans les zones de vignobles. Même les brasseurs, on pourrait, à l’exemple de la Belgique, de la Belgique, trouver des solutions uniques pour des bouteilles ou des exemples simples qui montrent qu’on peut un peu changer notre mode de consommation en étant plus économe en ressources naturelles.
Laureline Barthez, chargée de mission relations publiques et Mesures d’impact à l’association Lemontri
Que pensez-vous de cette réunion régionale ? Laureline Barthez
Alors moi je trouve ça super intéressant qu’on puisse réunir tous les acteurs au niveau régional et qu’on peut aussi relocaliser les débats. Il y a beaucoup du monde autour de la table que ce soit des élus, des opérateurs, des associations, c’est un débat très riche et je pense qu’il y a beaucoup d’enjeu financier, organisationnel et la concertation doit se poursuivre. Donc, c’est bien de se retrouver aujourd’hui en présentiel pour pouvoir entamer le débat et toutes les problématiques qui sont sous tendues le débat vraiment de la mise en place de la consigne. Nous on voit aussi qu’il y a plein de synergie à faire au niveau du réemploi, notamment on en parle pas assez la consigne pour recyclage aussi, le débat de la consigne pour réemploi dans le cadre de la concertation nationale et en se réunissant aujourd’hui, on comprend qu’il y a plein de réflexion à mener qui vont allés plus loin pour voir comment on peut mettre en place une consigne pour l’intérêt général qu’il soit pour recyclage et pour réemploi pour aller vers les objectifs de réduction des plastiques à usage unique et des canettes aussi.
Quelle est votre position sur la consigne ? Laureline Barthez
Alors nous, on est une entreprise, Lemon Tree, qui a été fondée il y a onze ans avec la mission de détourner de l’enfouissement et de l’incinération les déchets et de transitionner vers un monde sans déchets. Donc la consigne pour nous, c’est vraiment un moyen et un levier de réduire les emballages, mieux les collecter pour les recycler et de les collecter pour mieux les réemployer aussi. Donc on est persuadé qu’il faut mettre en place cette consigne. Après, la spécificité de notre positionnement, c’est que cette consigne doit être mise en place avec les collectivités et non pas à leurs dépens. On voit que c’est le centre du débat aussi des questions de financement et d’équilibre budgétaire pour ces collectivités là. Nous, on est pour une consigne de l’intérêt général. Il faut rappeler aussi que c’est un vivier d’emplois, notamment pour l’inclusion. On est une entreprise d’insertion qui emploie des personnes éloignées de l’emploi et les métiers autour de la consigne, de la collecte, du réemploi, des emballages. C’est des métiers non délocalisables qui peuvent tout à fait être fléchés vers l’économie sociale et solidaire et l’inclusion. Donc, c’est la position qu’on porte aujourd’hui sur la consigne. On y est favorable.
Annie Le Deunff, fondatrice de Luz environnement
Que pensez-vous de cette réunion régionale ? Annie Le Deunff