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Le radon dans l’habitat

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publié le 19 mars 2019 (modifié le 3 juillet 2019)

De quoi s’agit-il ?
Le radon est un gaz radioactif d’origine naturelle, présent dans la croûte terrestre (particulièrement dans les sols granitiques). Il est inodore et incolore et se diffuse dans l’air, à très faible concentration.

Quels risques pour vous ?
Ce gaz est la 1ère source d’exposition de l’homme aux rayonnements ionisants d’origine naturelle. Depuis 1987, le Centre International de recherche sur le cancer de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a reconnu le radon comme cancérogène pulmonaire certain pour l’homme. En France, il est la 2ème cause de cancer du poumon derrière le tabac. Les études montrent que l’exposition simultanée au radon et à la fumée de cigarette augmente significativement le risque de décès par cancer du poumon.

Qu’est-ce qui favorise sa présence?
Le radon se concentre dans les locaux fermés.
Cette présence résulte de nombreux paramètres comme par exemple :

  • des caractéristiques du sol (concentration naturelle dans le sol, présence d’un sous-sol en terre battue, perméabilité du sol, présence de fissures dans la roche) ;
  • des caractéristiques du bâtiment (procédé de construction, fissuration de la surface en contact avec le sol, système d’aération, etc.) ;
  • de l’installation de menuiseries étanches sur des bâtiments anciens sans dispositif d’aération provoquant l’augmentation de la teneur en radon dans le logement ;
  • le mode de vie des occupants vis-à-vis de l’aération des locaux.

Êtes-vous concerné ?
La région Nouvelle-Aquitaine est exposée au radon notamment dans l’ex-Limousin et les zones limitrophes, au nord des Deux-Sèvres ainsi que dans le sud des Pyrénées-Atlantiques. L’Institut national de sûreté nucléaire (IRSN) a identifié le potentiel d’exposition de chaque commune selon 3 niveaux (décret 2018-434 de juin 2018) :

  • potentiel radon faible : zone 1
  • potentiel faible mais avec des facteurs géologiques pouvant faciliter le transfert du radon aux bâtiments : zone 2
  • potentiel radon significatif : zone 3

Pour connaître le potentiel radon de votre commune : tapez les mots « radon commune » dans votre moteur de recherche, le site de l’IRSN vous guidera précisément.

Comment le détecter ?
Être en zone 2 ou 3 n’implique pas systématiquement que le taux de radon de votre habitation sera élevé.
Pour le savoir, vous pouvez vous procurer un dosimètre (conforme aux normes NF ISO 11665-4), puis l’installer chez vous pendant 2 mois durant la période de chauffe (d’octobre à avril). Vous connaîtrez ainsi le niveau exact auquel vous êtes exposé.
Tarifs d’un dosimètre et de son analyse en laboratoire : à partir de 15€
Exemples de sites de vente en ligne :
www.algade.com (société Algad/Dosirad)
www.sante-radon.com en partenariat avec Pe@rl
www.radonova.fr
Cette liste n’est pas exhaustive.

Quelles sont les obligations ?
Si aucune contrainte réglementaire n’existe pour les habitations, diminuez cependant au maximum le taux de radon pour vous approcher du seuil de 300 becquerels par mètre cube (Bq/m³). Par ailleurs, dans le cadre de l’information des acquéreurs et locataires (IAL) sur les risques naturels et technologiques majeurs, les vendeurs et bailleurs de biens immobiliers, de toute nature, doivent informer au plus tôt leurs acquéreurs ou locataires potentiels de l’existence de servitudes. Depuis l’arrêté du 27 juin 2018 portant délimitation des zones à potentiel radon du territoire français (entré en vigueur au 1er juillet 2018), cette obligation d’information s’étend au potentiel radon : les acquéreurs ou locataires de biens immobiliers situés dans des zones à potentiel radon significatif (zones 3) doivent être informés par le vendeur ou le bailleur de l’existence de ce risque.

Quelles techniques pour diminuer le taux de radon dans votre habitat ?
Quand la mesure indique une concentration élevée de radon (supérieure à 300 Bq/m³), il est souhaitable de rechercher une solution pour la réduire et pour cela d’identifier les facteurs susceptibles de favoriser la présence du radon. Pour cela, vous pouvez intervenir notamment sur trois facteurs :

  • améliorer l’étanchéité entre le sol et votre habitation pour limiter l’entrée du radon ;
  • améliorer la ventilation de votre logement afin d’assurer un balayage d’air efficace et diluer la présence du radon ;
  • lorsque le chauffage est un système par combustion (cheminée, poêle, chaudière…), créer une entrée d’air frais spécifique.

En pratique
Par vos propres moyens :

  • diluez le radon en aérant fréquemment, le matin avant de commencer la journée et le soir
  • bouchez toutes les fissures des planchers et des murs, le passage des canalisations, le long des plinthes, afin d’améliorer l’étanchéité entre la partie habitable et votre sous-sol (ou cave, ou vide-sanitaire…),
  • ventilez votre sous-sol (ou cave, ou vide-sanitaire…), de façon permanente et avec de l’air provenant de l’extérieur

Avec l’aide d’un professionnel :
Dans le cadre d’une rénovation énergétique de votre habitation, vous pouvez prendre contact avec l’Espace Info Énergie de votre département, les conseillers FAIRE sauront vous guider dans vos démarches, afin de trouver des professionnels RGE (reconnus garant de l’environnement)
Dans le cadre d’une construction neuve, si vous êtes en zone 3, il s’agit de prévoir une membrane anti-radon normalisée (NF ISO 11665-10), afin d’assurer une bonne étanchéité entre le sous-sol et la partie habitée.

La mise en œuvre d’actions permettant de réduire son exposition au radon améliore de manière plus générale la qualité de l’air intérieur de son logement et peut être également l’occasion d’améliorer les performances énergétiques de son habitat.

Pour aller plus loin, consultez sur les sites :
https://www.irsn.fr et dans la rubrique : "Comment-reduire-son-exposition-au-radon ?". Toutes les actions à mettre en œuvre pour lutter contre le radon sont explicitées.
https://www.cstb.fr, cadre réglementaire, diagnostics, fiches techniques, éléments de remédiation
https://www.asn.fr, fiches techniques, listes d’organismes agréés dans les mesures de radioactivité