Le risque sismique en Nouvelle-Aquitaine
La Nouvelle-Aquitaine présente une exposition variable au risque sismique. Deux secteurs se distinguent : le nord-ouest de la région, marqué par une sismicité modérée mais régulière, et le massif pyrénéen, qui constitue l’une des zones sismiques les plus actives de France métropolitaine. Les séismes historiques et les événements récents rappellent l’importance de la prévention et du respect des règles de construction parasismique.
Une exposition différente selon les territoires
Le nord-ouest de la Nouvelle-Aquitaine
Le nord-ouest de la région, notamment la Charente, la Charente-Maritime, les Deux-Sèvres et la Vienne, est traversé par d’anciennes failles héritées de la chaîne hercynienne.
Les contraintes qui s’exercent sur la plaque tectonique peuvent réactiver ces structures anciennes et provoquer des séismes. La sismicité y reste modérée, mais plusieurs événements ont causé des dommages au cours de l’histoire.
Le massif pyrénéen
Dans le sud de la région, les Pyrénées-Atlantiques figurent parmi les territoires français métropolitains les plus exposés au risque sismique.
Une partie du massif pyrénéen est classée en zone de sismicité moyenne, niveau 4. Il s’agit du niveau de sismicité réglementaire le plus élevé présent en Nouvelle-Aquitaine.
Des séismes marquants
Le séisme de Loudun en 1711
Le séisme du 6 octobre 1711 constitue l’un des événements historiques majeurs du nord de la région.
Plusieurs villages situés aux confins de l’Anjou, du Poitou et de la Touraine ont été gravement endommagés. À Loudun, plusieurs bâtiments se sont effondrés. L’abbaye de Saint-Jouin-de-Marnes a également subi des dommages.
La secousse a été ressentie sur un territoire allant de la Normandie aux Charentes et de la Bretagne au Limousin.
Le séisme vendéen de 1799
Le séisme du 25 janvier 1799 est considéré comme l’un des plus importants séismes historiques connus dans l’ouest de la France.
Son épicentre était situé en mer, entre Bouin et Noirmoutier. Ses effets ont été ressentis jusqu’au Cotentin, au Bassin parisien, en Auvergne et dans le Bordelais.
Le séisme de l’île d’Oléron en 1972
Le 7 septembre 1972, un séisme a fortement touché l’île d’Oléron. Il a fissuré plusieurs maisons, fait tomber de nombreuses cheminées et endommagé des réseaux électriques.
La secousse a été ressentie jusqu’à Paris. Le BRGM estime sa magnitude de moment à 5,0.
Le séisme d’Arette en 1967
Le séisme du 13 août 1967 constitue l’événement de référence pour le massif pyrénéen.
Sa magnitude est estimée à 5,5 (échelle de Richter).
Il a causé d’importants dommages à Arette et dans plusieurs communes des Pyrénées-Atlantiques. Cet événement a mis en évidence la vulnérabilité des constructions face aux secousses sismiques.
Le séisme de La Laigne en 2023
Le 16 juin 2023, un séisme s’est produit à proximité de La Laigne et de Cram-Chaban, en Charente-Maritime.
Le Bureau central sismologique français retient une magnitude locale de 5,3. L’intensité maximale a atteint le niveau VII de l’échelle macrosismique européenne à La Laigne.
Le séisme a provoqué des dégâts sur des bâtiments dans plusieurs communes de Charente-Maritime et des Deux-Sèvres. Il a été ressenti dans une grande partie de l’ouest de la France, de Bordeaux à Caen et jusqu’à Clermont-Ferrand. Plusieurs répliques ont suivi la secousse principale.
Prévenir le risque sismique
La prévention du risque sismique repose notamment sur :
- l’information de la population ;
- l’amélioration de la connaissance de l’aléa ;
- l’évaluation de la vulnérabilité des bâtiments existants ;
- l’application des règles de construction parasismique ;
- la préparation à la gestion de crise.
Il n’est pas possible de prévoir précisément la date, le lieu et la magnitude d’un futur séisme. La qualité des constructions constitue donc un élément essentiel de la prévention.
Sur le massif pyrénéen, ces actions sont déclinées dans le cadre du CAPRIS (cadre d’actions pour la prévention du risque sismique du massif des Pyrénées). Approuvé en 2020 pour la période 2018-2023, il associe la DREAL Occitanie (coordination, à l’échelle du massif), la DREAL Nouvelle-Aquitaine, les préfectures, les directions départementales des territoires (et de la mer) et le Commissariat de Massif, en lien avec le BRGM.
Les bons réflexes en cas de séisme
Pendant les secousses
- Abritez-vous près d’un mur porteur ou sous un meuble solide.
- Protégez votre tête et votre nuque.
- Éloignez-vous des fenêtres et des objets susceptibles de tomber.
- Si vous êtes en voiture, arrêtez-vous à distance des bâtiments et restez dans le véhicule.
Après les secousses
- Sortez des bâtiments endommagés en utilisant les escaliers.
- Éloignez-vous des bâtiments et des ouvrages susceptibles de s’effondrer.
- Restez vigilant : des répliques peuvent survenir.
- Suivez les consignes diffusées par les autorités.
- En zone littorale, éloignez-vous de la côte et rejoignez les hauteurs.
- Coupez l’eau, le gaz et l’électricité si vous constatez un danger et si vous pouvez le faire sans vous exposer.
Informations complémentaires
- Consulter le zonage sismique en Nouvelle-Aquitaine.
- Consulter les séismes historiques dans la base SisFrance.
- Signaler un séisme ressenti sur le site FranceSéisme.
- Consulter le cadre d’actions CAPRIS du massif des Pyrénées (DREAL Occitanie)