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Patrimoine naturel

L’Outarde canepetière

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publié le 4 novembre 2016

Statut légal de protection et effectifs

L’Outarde canepetière est protégée depuis 1972 par l’arrêté ministériel du 24 janvier 1972 fixant la liste des espèces dont la chasse est prohibée.

Elle est aujourd’hui protégée à la fois au niveau national, communautaire et international par :

  • l’arrêté du 29 octobre 2009 fixant la liste des oiseaux protégés sur l’ensemble du territoire et les modalités de leur protection,
  • la directive n°2009/147/CE du 30 novembre 2009 (ex n°79/409 du 2 avril 1979) concernant la conservation des oiseaux sauvages
  • la convention de Berne relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l’Europe (annexe II).

Pourquoi un plan national d’action ?

L’Outarde canepetière est un oiseau de plaine représenté en France par deux grandes populations distinctes : l’une migratrice se reproduit dans le Centre Ouest de la France, l’autre sédentaire, se distribue sur le pourtour méditerranéen. Cette espèce est confrontée à un risque élevé d’extinction sur le territoire national. A ce titre, elle a bénéficié d’un premier plan national d’actions couvrant la période 2002-2006, lequel a fait l’objet d’un bilan technique et scientifique.

Ce bilan a souligné la situation contrastée de l’espèce selon les grands domaines biogéographiques qui composent son aire de répartition en France métropolitaine. L’espèce est considérée comme éteinte dans le domaine continental, dans une situation extrêmement défavorable dans le domaine atlantique (dernières populations migratrices) alors qu’elle est en état de conservation favorable dans le domaine méditerranéen.

L’intensification agricole constitue toujours le risque le plus important pour les populations migratrices des plaines cultivées. Toutefois, le développement d’infrastructures, souvent liées aux transports et à l’urbanisation, ainsi que la construction de parcs éoliens et photovoltaïques deviennent des menaces fortes, tout comme pour les populations méditerranéennes. Pour ces dernières, il convient d’ajouter qu’aux pressions dues à l’extension urbaine, s’ajoutent des évolutions agricoles récentes (intensification ou déprise agricole selon les sites).

Elle est inscrite sur la liste rouge mondiale des espèces menacées d’extinction de l’Union internationale pour la conservation de la nature (classée Near threatened). Dans ce contexte et pour accompagner et renforcer les actions en cours, le ministère de l’environnement, de l’énergie et de la mer a jugé primordiale la conduite d’un second plan national d’actions pour la période 2011-2015. . La mise en oeuvre de ce plan, qui s’est achevé fin 2015, est en cours d’évaluation en vue de déterminer une éventuelle poursuite des actions engagées par un troisième plan.

Contenu du deuxième plan

Ce deuxième plan national d’actions visait à répondre à plusieurs objectifs :

  • améliorer la mise en œuvre de la politique agro-environnementale en veillant à l’adaptation des mesures aux besoins de protection de l’espèce et du cortège qui l’accompagne
  • définir et mettre en œuvre une politique d’acquisition foncière (compensation écologique mais aussi actions des collectivités en collaboration avec les CREN…) doublée d’une gestion adaptée, notamment sur les sites languedociens mais aussi les ZPS touchées par des passages d’infrastructures
  • travailler avec les autorités militaires et de l’aviation civile pour conserver voire améliorer les conditions d’accueil des outardes sur les aérodromes, aéroports et camps militaires
  • continuer l’élevage d’outardes avec lâcher annuel d’oiseaux dans les ZPS de plaines du Centre Ouest, ou toute zone favorable, tant que le risque d’extinction n’est pas éliminé
  • suivre l’évolution des effectifs d’outardes pendant les phases de reproduction, de rassemblements postnuptiaux et d’hivernage afin de disposer d’indicateurs fiables de l’évolution de la population
  • intervenir dans les projets d’aménagements (par exemple : urbanisation, création de lignes électriques, construction d’ouvrages routiers et ferroviaires, développement de parcs éoliens, de champs photovoltaïques…) afin d’éviter leur apparition dans les sites fréquentés par les outardes, ce qui pourrait aggraver la situation de l’espèce ou réduire à néant les efforts consentis auparavant
  • poursuivre les actions de diffusion de l’information, des connaissances sur l’outarde auprès des citoyens et des décideurs.

La mise en œuvre du plan national d’actions en faveur de l’outarde canepetière, et en particulier l’intégration des besoins de cette espèce dans les politiques publiques sectorielles, nécessite l’implication de chaque acteur du développement local (collectivités territoriales et organisations associatives ou professionnelles concernées).

Pour plus d’informations :

Plan National d’Actions Outarde Canepetière 2011-2015

Site de la Ligue pour la Protection des Oiseaux - Outarde