Le Gypaète barbu


Biologie et effectifs

Le Gypaète barbu est un grand rapace menacé d’extinction en Europe. Il mesure jusqu’à 3 mètres d’envergure et se nourrit exclusivement d’os qu’il laisse tomber sur un rocher pour le casser en plusieurs morceaux si nécessaire.

Le Gypaète barbu (Gypaetus barbatus) de sous-espèce barbatus a une distribution large liée aux grandes régions montagneuses d’Europe, du Moyen-Orient, d’Afrique du Nord et d’Asie. Autrefois présent dans les différents massifs montagneux au sud et au centre du continent européen, ainsi que sur plusieurs îles méditerranéennes, il a été éradiqué de la plupart de ces régions, et ne subsistait dans les années 80 que dans trois bastions : la Crête, la Corse et les Pyrénées. D’intenses programmes de conservation et de réintroduction ont permis le retour de l’espèce en Europe de l’Ouest, avec des effectifs aujourd’hui estimés à environ 460 couples territoriaux (Turquie et Maroc inclus). La Liste rouge de l’UICN le classe comme « Vulnérable » à l’échelle de l’Union Européenne, mais « En danger » aux échelles du bassin méditerranéen et de la France. La France dispose d’une grande responsabilité dans la conservation du Gypaète barbu en abritant les deuxièmes plus grands effectifs après l’Espagne, avec 93 couples territoriaux comptabilisés en 2025, présents dans les Alpes, le Massif central, les Pyrénées et la Corse.

Les Gypaètes barbus adultes sont sédentaires et se cantonnent sur un territoire de nidification toute l’année. Les jeunes et immatures au contraire vivent une existence erratique, ne revenant que de manière sporadique sur le territoire natal.

L’âge de la maturité sexuelle de ces oiseaux n’est pas connu avec précision. Cependant, on sait qu’entre le moment où un adulte s’installe sur un territoire, et celui où il va pouvoir se reproduire, 6 ou 7 années peuvent s’écouler (Heredia y Sunyer, 1989 ; Heredia, 1991).

Le cycle annuel de reproduction du Gypaète est très long. Il s’écoule 9 à 10 mois entre le moment où le couple commence à s’apparier et celui où le jeune est autonome.

Un seul jeune est élevé et s’envole durant la première moitié de l’été, après avoir passé environ quatre mois au nid. Les premiers jours suivant l’envol sont particulièrement critiques car le juvénile vole peu et reste posé sur des sites exposés et dangereux.

Les jeunes restent dépendants des adultes et ne quittent pas le territoire natal pendant les cinq mois suivant leur envol : pendant cette période dite "période de dépendance", les jeunes doivent acquérir les techniques de vol et d’alimentation nécessaires à leur survie. En automne, ils effectuent des premiers vols indépendants, bien qu’ils reviennent régulièrement demander de la nourriture à leurs parents. La rupture familiale n’a lieu que lorsqu’un nouveau cycle de reproduction (ponte) est entamé par les adultes qui les expulsent du territoire.

Ainsi leur période d’indépendance commence par une période d’erratisme, durant laquelle ils couvrent de longues distances (Heredia y Sunyer, 1989) où ils peuvent s’associer à d’autres jeunes individus, formant parfois des groupes de trois ou quatre oiseaux.

C’est une espèce extrêmement sensible aux dérangements anthropiques (survols, vol à voile, sports de nature,…) pendant sa période de reproduction qui s’étale du 1er novembre au 15 août.

Le PNA

Le Plan National d’Actions en faveur du Gypaète barbu (Gypaetus barbatus) 2010 - 2020 s’était fixé pour objectifs de préserver, restaurer et améliorer l’habitat, réduire les facteurs de mortalité anthropiques, étendre l’aire de répartition de l’espèce et favoriser les échanges d’individus entre populations.
Le second PNA 2026-2035 ambitionne de permettre une augmentation de 20 % du nombre de couples territoriaux d’ici 2035, ainsi qu’une augmentation de la distribution sur les quatre massifs français. Pour atteindre ces objectifs à long terme, la stratégie suivante a été définie pour la période 2026-2035 :
• Poursuivre le suivi pour connaître le développement de la population et ses paramètres démographiques selon les questionnements scientifiques identifiés, et adapter les mesures de conservation en conséquence.
• Assurer la viabilité et le bon fonctionnement de la métapopulation française en reconnectant les noyaux actuels, et assurer la recolonisation à l’ensemble de l’aire biogéographique de l’espèce.
• Favoriser l’accès à une ressource alimentaire sauvage et domestique de qualité, diversifiée, et tout au long de l’année.
• Réduire et prévenir les risques de mortalité anthropique liés aux câbles aériens, aux intoxications, aux tirs et à l’éolien, ainsi que les risques de dérangements dans les domaines vitaux et sites de reproduction.
• Faire connaître l’espèce et favoriser l’appropriation de ses enjeux auprès de tous les publics.
• Animer le plan, l’intégrer dans les politiques publiques, favoriser la coopération et la transversalité des actions avec les autres PNA et avec les pays voisins.

Afin de favoriser les conditions de reproduction (en particulier le maintien des couples nicheurs sur des sites favorables) et de faciliter la mise en œuvre de mesures de gestion définissant les modalités de réalisation d’activités sur les sites de reproduction, il s’est avéré nécessaire de disposer d’une cartographie des zones de sensibilité majeure (ZSM). Ces ZSM sont constituées principalement des sites de reproduction et des sites de réintroduction. Elles sont associées à un calendrier basé sur le cycle de reproduction de l’espèce. La diffusion et la prise en compte des ZSM doit ainsi permettre un report quasi systématique des activités humaines potentiellement dérangeantes en dehors des périodes d’activations des ZSM.

L’essentiel du PNA

Document de principes des ZSM

Pilotes et Gypaète barbu : une cohabitation possible

Cette affiche de sensibilisation est destinée aux pilotes aériens afin de favoriser la quiétude des couples en évitant les survols à proximité des aires de reproduction.

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