Entretien égalité discrimination

Écoutez l’interview des deux référentes égalité discrimination de la DREAL :

Entretien égalité discrimination

© DREAL Nouvelle-Aquitaine

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Myriam, Corine, vous êtes les deux référentes Égalité-Discrimination de la DREAL. Vous formez un duo met en pratique qui fait quoi ?
J’exerce la fonction de référente égalité depuis quatre ans. Ce n’est pas mon métier principal. L’égalité c’est seulement dix pour cent du poste. En gros une demi journée par semaine. Pour muscler ces missions, je me suis portée volontaire pour accompagner Myriam en 2024. Ce sont des sujets passionnants qui me parlent et j’ai envie de m’investir, de sensibiliser mes collègues à tous ces sujets. Nous avons une lettre de mission commune qui a été signée par le directeur en début d’année. Principalement, notre mission consiste à sensibiliser les agents sur la lutte contre les stéréotypes, les discriminations et les violences sexistes. Nous pouvons aussi orienter les agents victimes d’agissements sexistes, de discrimination, de harcèlement ou de violences sexuelles vers les dispositifs de signalement proposés par notre ministère. Alors, c’est un duo sur l’égalité et il n’y a pas d’hommes. Alors nous y reviendrons. Mais l’égalité, ce n’est pas seulement l’égalité homme-femme, c’est aussi l’ensemble des luttes contre les discriminations. Ces discriminations peuvent concerner les origines, l’âge, le handicap ou encore les opinions politiques ou philosophiques, pour n’en citer que quelques unes. En tout, il y a vingt six critères de discrimination qui sont interdits par la loi. Et puis, quand on parle d’égalité, il est intéressant de voir ce que cela recouvre. C’est d’abord l’égalité des droits, c’est à dire garantir à tous un même ensemble de droits, mais aussi de devoirs. C’est ensuite l’égalité d’accès aux positions sociales ou aux biens.

Est ce que l’égalité hommes femmes est plus une affaire de femmes ?
Depuis quelques années, alors, surtout depuis le mouvement hashtag MeToo connu depuis 2017 et notamment avec l’affaire Weinstein, il y a une libération de la parole des femmes dénonçant des violences sexistes et sexuelles. Le mouvement a attiré l’attention des victimes sur la dénonciation de nombreux comportements inappropriés, minimisés, ignorés, voire acceptés en raison de leur normalisation par la société. La parole est plus donnée aux victimes. Pour autant, l’égalité n’est pas que l’affaire des femmes, mais dans les faits, les cinq portefeuilles ministériels égalité des sexes, famille et enfance, inclusion sociale et développement, protection sociale et sécurité sociale et enfin affaires autochtones et minorités ont été très majoritairement occupés par des femmes. Bref, il reste du travail à accomplir au sein de notre ministère. Véronique Martin est nommée haute fonctionnaire à l’égalité et 49 femmes et 18 hommes sont référents égalité. Par contre, j’ai pu constater que dans d’autres administrations ou encore dans la territoriale, les hommes sont beaucoup plus représentés comme référents égalité.

Mesure t on vraiment aujourd’hui des évolutions positives dans la société ?
C’est indéniable. Et l’évolution constante de notre réglementation en la matière. En témoigne, je vais citer le doublement de la durée du congé de paternité qui est passé depuis le premier juillet 2021, de 14 à 28 jours. Ou encore, très récemment, l’inscription dans la Constitution française du droit à l’interruption volontaire de grossesse, ou encore la loi sur la transmission du patronyme qui autorise la transmission du nom de la mère ou du père, ou des deux noms aux enfants. Il y a également la loi du 30 juillet 2020 visant à protéger les victimes de violences conjugales. Je pense aussi à l’introduction du droit du handicap dans le statut général des fonctionnaires. Et il y en a beaucoup d’autres.

Peut on parler de monde d’avant ?
Pour moi, il y a beaucoup d’évolutions par rapport au monde d’avant. Et là je ne parle pas du monde d’avant Covid. En effet, il existe des marqueurs, je pense à des lois, on vient d’en parler, mais aussi des mouvements. Il y a des prises de parole qui déplace les curseurs moraux. En l’occurrence, il me semble vraiment favorable à une plus grande égalité. Pêle-mêle, je peux vous donner vous citer l’interdiction de la fessée pour les enfants en 2016. La liberté de parole qui dénonce des faits graves. Exemple hashtag MeToo. Comme évoqué tout à l’heure. Ou encore l’évolution des femmes aussi bien professionnellement que personnellement, même s’il reste encore beaucoup de travail à l’échelle de notre ministère, ça bouge bien aussi. Et encore récemment, puisque le MKT vient de signer la charte d’engagement LGBT+ de l’association l’Autre Cercle. L’objectif est de garantir une véritable égalité des droits, de soutenir les victimes de discriminations ou d’agressions pour des motifs liés à leur appartenance à une minorité sexuelle ou de genre. La présidente du Haut Conseil à l’égalité a été limogé pour avoir tenu des propos à caractère sexiste et raciste. C’est le signal pour moi que les normes d’acceptation sociale de comportements inappropriés bougent en effet. Les actes d’abord bien sûr, mais aussi les paroles et la façon dont elles peuvent traduire une discrimination, même au sein d’une instance prestigieuse comme le Haut Conseil à l’égalité et dont c’est la raison d’être, on s’aperçoit que les propos à connotation sexuelle, sexiste, raciste, même sous forme d’humour, et je mets ça entre guillemets, ne sont plus acceptables à la DREAL.

Comment définiriez vous la situation ?
Dans les faits, nous avons globalement peu de signalements d’actes ou de paroles discriminatoires. La DREAL est très attentive à l’égalité et à la lutte contre les discriminations. Nous sommes assez fiers, par exemple, du travail mené et des résultats obtenus en matière d’insertion des personnes en situation de handicap. Et globalement, nous nous inscrivons dans la trajectoire volontariste du ministère. Alors oui, depuis 2022, notre ministère bénéficie de la double labellisation AFNOR égalité égalité-diversité. Alors il peut également se féliciter d’avoir obtenu en 2022 la note de 79 points sur 100 à l’index de l’égalité professionnelle. Ce fameux index. Il est composé de 5 indicateurs qui permet notamment de mesurer les écarts de rémunération, d’augmentations et de promotions entre les femmes et les hommes.

Pensez vous que les agents ou l’encadrement soient suffisamment formés et informés ?
Non, ce n’est pas suffisant et c’est le sens de la mission de référent égalité souhaitée par le ministère. Et c’est aussi le sens de notre engagement à Corinne et moi. Il faut toujours créer ou rendre plus opérationnelle les liens entre la formation, l’animation que nous pouvons faire, nous, les référents égalité, les encadrants. Chacun a son rôle à jouer et il y a aussi des erreurs à éviter.

Avez-vous déjà ciblé des pistes d’amélioration ?
Alors depuis le début de l’année au sein de notre ministère, une négociation est en cours pour le futur protocole ministériel sur l’égalité 2024-2027. Il y a également un nouveau plan interministériel pour l’égalité entre les femmes et les hommes 2023-2027, qui est appelé toutes et tous égaux. Mais bien sûr, nous allons les décliner en DREAL. Nous souhaitons également cette année, mettre en place un plan d’action égalité et un plan d’action contre les discriminations pour la DREAL. Nous aimerions participer de temps en temps aux réunions de service des entités de la DREAL afin de présenter, sensibiliser et informer le plus grand nombre sur ces thématiques. Puis il y a ce que nous faisons là actuellement avec cet entretien. Nous souhaitons continuer à apporter de l’information à tous les agents. Nous le faisons déjà dans notre rubrique intranet et à travers des mails.

Merci à toutes les deux pour cet éclairage et à bientôt.

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