Portrait de Thy Pha

Il y a 2 mois, Thy Pha nous a rejoint pour faire un stage de 6 mois sur le vison d’Europe au sein du service patrimoine naturel.

Vison d'Europe | © Matthieu Berroneau

Portrait de Thy Pha

© DREAL Nouvelle-Aquitaine

Télécharger le fichier audio

Bonjour Thy-Pha, tu nous as rejoint il y a deux mois pour faire un stage de six mois sur le vison d’Europe. Il s’agit de ton stage de fin d’études d’une école d’ingénieur renommée.
Oui, je suis en dernière année de formation ingénieur agronome spécialisée en gestion des milieux naturels à AgroParisTech, sur le campus de Nancy. Je crois que ça parle plus quand on dit que c’est anciennement l’engref ou encore la formation des ingénieurs forestiers, la FIF. Et là maintenant, je suis en stage au service patrimoine naturel de la DREAL Nouvelle-Aquitaine jusqu’à fin août avec Aurore Perraud, ma tutrice de stage. Donc, pour ce stage de fin d’études, j’avais ciblé mes recherches sur le public après un précédent stage dans le privé et du très peu d’expérience que j’ai. Je voulais découvrir le fonctionnement d’une administration et chercher aussi des missions ancrées dans un territoire.

Et ce territoire, c’est celui dont tu es originaire ?
Non, pas du tout. Je ne suis pas du Poitou mais de la région parisienne. Donc je me questionnais un peu sur ma légitimité. Mais plutôt qu’un frein, je trouve que c’est très enrichissant. J’en apprends tous les jours sur l’importance de bien cerner les enjeux locaux, les jeux entre les acteurs. Et puis les environs sont plutôt sympathiques.

Alors, sur quoi porte plus précisément ton stage ?
Je travaille sur le vison d’Europe. C’est un mammifère semi-aquatique en danger critique d’extinction. Donc il est victime notamment de la perte d’habitats naturels, de collisions routières, de captures accidentelles, etc. Globalement, les populations vont très mal. En France, l’espèce n’est encore présente qu’en Nouvelle-Aquitaine, mais il n’y a pas plus de deux cent cinquante individus à l’état sauvage. Et c’est très peu. Et donc, face à cette situation urgente, la DREAL coordonne un plan national d’action. On en est au troisième. Et pour résumer, c’est une stratégie nationale pour la sauvegarde du vison d’Europe. Parmi les actions, il y a la réintroduction d’individus nés en captivité ou encore le suivi des populations existantes pour mieux comprendre l’espèce. L’OFB et ses partenaires mettent en place des actions du plan et je les appuie dans le montage de ces projets. Donc mon job, c’est d’accompagner et de recenser les propositions de restauration de milieux naturels ou d’aménagements routiers pour la faune. Donc tout ça pour déposer un dossier bien ficelé auprès de l’Union européenne en septembre deux mille vingt cinq.

Et est ce que tu te sens investi d’une mission d’intérêt public ?
Carrément ! Déjà parce que le sujet me tient à cœur. Ça peut sembler naïf, mais je veux vraiment travailler pour la préservation de la biodiversité et sentir que mon travail a un impact. Donc, je n’avais pas particulièrement d’affection pour le vison d’Europe avant le stage. Mais j’ai compris que si on ne fait rien et qu’on continue dans cette trajectoire, il va disparaître. Il me semble qu’il vaut mieux avoir essayé plutôt que de jeter l’éponge et rester inactif. Donc en plus, c’est une espèce parapluie, donc en la sauvegardant, on pourra conserver d’autres espèces. Donc le travail n’est jamais vain. Puis en pratique, mes missions sont très opérationnelles et je vois les résultats concrets et à court terme. Donc je suis assez autonome et je sens ma part de responsabilité. On me fait confiance et je trouve ça à la fois gratifiant et motivant. Après, je peux toujours compter sur Aurore dès que j’ai besoin de conseils.

Comment s’est passé ton accueil à la DREAL ? Tu te sens incluse dans le service ou dans cet univers professionnel ?
Alors j’ai été très bien accueillie. J’ai mon petit bureau avec tout ce dont j’ai besoin en matière informatique. Les stagiaires ont aussi accès au restaurant administratif, à une voiture pour les déplacements professionnels et le site de la DREAL est assez bien placé. On est en plein centre ville, à cinq minutes porte à porte des trains, et je n’ai pas eu trop de mal à trouver un logement accessible. Ceci dit, je compare tout à ma banlieue parisienne, donc tout semble plus simple. Et pour en revenir aux services donc j’apprécie beaucoup l’ambiance générale, mais faut aimer les petits gâteaux. Et puis les collègues sont très accessibles, je me suis senti rapidement intégré. C’est un gros bonus. Là dessus, je peux poser plein de questions à mes collègues experts sur divers sujets, pas forcément en lien direct avec mon stage. Par exemple, si j’ai des questions sur la réglementation sur des affaires en cours qu’on entend dans la presse ou même sur des questions plus techniques, par exemple, je peux harceler mon collègue qui est juste en face quand je n’arrive pas à faire une carte sur si j’ai un stage de fin d’études dans un service de l’État. C’est donc une opportunité.

Mais n’est ce pas aussi un risque vis à vis de l’entrée dans le monde de l’emploi ?
Alors oui, c’est un risque si tu cherches un poste à l’issue du stage. Donc pour mon cas, je savais que je ne serai pas embauchée et ce n’était pas un critère bloquant. Mais ceci dit, il y a d’autres opportunités donc je travaille avec des contacts hors de la DREAL. J’aime pas trop le mot réseau, mais c’est clairement un réseau et tout ce que j’apprends à la DREAL sera valorisé plus tard. Globalement, c’est une nouvelle expérience qui me sera très utile et j’ai aucun doute là dessus.

Après deux mois passés parmi nous, quel bilan encore provisoire tires-tu de cette expérience ?
J’ai beaucoup appris sur la réglementation et la gestion de projet. C’est un apport qui vient compléter ce que j’apprends en théorie à l’école. Et en plus c’est assez professionnalisant. Donc mon poste s’apparente parfois à celui d’une chargée de mission. Je m’entretiens fréquemment avec des partenaires externes et comme je l’ai déjà mentionné, je sens que j’ai des responsabilités, donc ça peut faire peur. Mais pour un stage de fin d’études, ça me paraît absolument nécessaire. Par contre, je mesure qu’il peut y avoir des dissonances entre les attendus pédagogiques de l’école et l’opérationnalité directe de mes missions. La logique du mémoire demande une méthodologie scientifique et ça m’oblige à mettre en perspective mon travail pour traiter le sujet sous un angle plus large. Je trouve que c’est quand même un exercice très intéressant parce qu’on jongle avec une approche métier et une démarche scientifique.

Quelle image ton expérience te donne de la fonction publique ? Est ce que ça te donne envie de l’intégrer ?
Je n’ai pas encore fait la moitié du chemin, mais jusque là, j’ai l’impression que les missions de mes collègues demandent une connaissance assez fine du territoire et en tous cas plus que je l’imaginais. Et je mesure aussi l’importance de bien connaître les acteurs et leurs attentes, de maîtriser les volets techniques et administratifs. Et j’en suis encore si loin. Plus généralement, sur la fonction publique, je ne me suis pas encore renseigné sur la possibilité de passer un concours ou encore un poste de contractuel, même si les collègues m’en parlent. Et donc pour répondre à ta question, je me projette pas tout de suite dans la fonction publique. Si j’ai une opportunité, je la prendrai, mais je pense que j’ai encore beaucoup de choses à approfondir avant de me faire une place dans une administration de l’état.

Merci Thy-Pha pour ton témoignage et pour ta franchise. Bonne poursuite avec nous pour le prochain trimestre. Merci à toi pour ce temps d’échange.

Partager la page

S'abonner

Sur le même sujet