Interview d’un contractuel biodiversité
Melvin nous a rejoint en octobre 2023, il travaille dans le service Patrimoine Naturel - Département biodiversité, espèces et connaissance.
Il est chargé de mission valorisation des données naturalistes contractuel.
Il a candidaté sur ce poste dans les offres d’emploi "Choisir le service public.gouv.fr".
Nous en avons profité pour recueillir ses impressions.
Melvin, vous êtes arrivé à la DREAL en octobre deux mille vingt trois pour valoriser les données naturalistes, mais que faisiez vous avant de nous rejoindre ?
Je finissais mes études, c’était un master qui s’appelait Systématique Évolution Paléontologie où j ai fait un parcours d’informatique, appliqué la biodiversité. Ça se passait à Paris, c’était co-géré par Sorbonne-université et le Muséum national d’histoire naturelle. Et en fait, en stage de fin d’études, j’ai travaillé sur la valorisation de données qui concernaient des espèces de poissons endémiques, des cours d’eau de la durée de la Garonne. Donc pour ça, j’ai conçu un site web, géré une base de données. Dialoguer avec des producteurs de données comme les fédérations de pêche, fait des cartes, etc. Et en fait, ça résonne beaucoup avec les missions actuelles de mon poste, Ce qui explique entre autres, pourquoi j’ai postulé en tant que contractuel ici à la DREAL.
Qu’est ce qui vous a attiré dans cette offre d’emploi pour la DREAL ?
Plusieurs aspects. Déjà, je cherchais une première expérience professionnelle dans la conservation de la biodiversité. C’est le domaine qui était central à mes études et donc pour ça, ce poste cochait beaucoup de cases. Je considère aussi que la biodiversité, c’est un bien commun et donc travailler dans la fonction publique, ça prend tout son sens pour ce domaine. Et puis enfin, il y avait la découverte. Je connaissais bien l’écosystème scientifique autour de la biodiversité de par mon cursus universitaire, mais je ne connaissais pas du tout les administrations et les missions qui en découlent.
Donc vous ne connaissiez pas très bien cette structure publique quand vous l’avez intégrée ?
Je la connaissais que de nom. J’avais déjà en fait ciblé la DREAL comme porteuse de mission en relation avec la biodiversité, notamment quand j’étais en train de rechercher des stages pendant mon master. Mais maintenant que j’y suis, je me rends bien compte que je n’avais aucune idée de la portée de cette structure.
Et en pratique, comment vous avez eu connaissance de cette offre d’emploi ?
Je suis allée sur le site "choisirleservicepublic.gouv.fr" et en fait, dès ma première recherche, je suis tombée sur l’offre d’emploi. Donc le timing était vraiment parfait. La DREAL cherchait quelqu’un et moi j’étais tout juste disponible.
Alors c’est quoi la valorisation des données naturalistes ?
Alors en fait, la DREAL, elle a un rôle d’administration et de gestion de la diffusion des données en lien avec les politiques publiques qu’elle va mettre en œuvre. Parmi toutes ces données là, il y a les données naturalistes. Moi, là dedans, je vais coordonner, accompagner les différents acteurs pour faire en sorte que la réglementation soit appliquée. Ce qui fait qu’au quotidien, je travaille essentiellement sur deux natures de données. D’abord, il y a les données qui sont relatives à la géolocalisation des mesures en faveur de la protection de la biodiversité. Lorsqu’un projet émerge, typiquement un projet d’aménagement, la loi va obliger les porteurs de projet à prendre en compte l’impact sur l’environnement. En matière écologique, le bilan de l’opération doit être neutre, voire même positif pour la biodiversité. Et dans ce cas là, des mesures en faveur de la protection de la biodiversité vont être mises en place. Ça peut consister, par exemple en la plantation d’essences d’arbres sur les lieux du projet pour venir remplacer les arbres qui auraient été coupés pendant les travaux. Moi, dans tout ça, je fais en sorte que ces mesures soient bancarisés dans une grande base de données nationale appelée géo EMC. Et le deuxième type de données avec lesquelles je travaille, ce sont les données d’observations d’espèces. Elles sont intégrées dans ce qu’on appelle le CNP, le système d’information de l’inventaire du patrimoine naturel.
Elles vont travailler en collaboration avec des organismes externes ?
Ouais, beaucoup, par exemple, pour le système d’information de l’inventaire du patrimoine naturel, le CNP va collaborer avec l’Office français de la biodiversité, la Région Nouvelle-Aquitaine, l’Agence régionale de la biodiversité, l’Unité de service Fauna, qui est une unité de l’Université de Bordeaux, le Conservatoire botanique national Sud Atlantique et la réserve géologique de Saucats La Brède. Tout ce que je viens de vous citer là, c’est des partenaires qui contribuent avec nous au bon fonctionnement du CNP à l’échelle de la Nouvelle-Aquitaine. Mais je pense aussi aux producteurs de données naturalistes comme les associations ou les bureaux d’études.
Et concernant les données relatives aux mesures en faveur de la protection de la biodiversité, il y a aussi les porteurs de projets ?
Là, ces derniers acteurs que je vous ai cités, on interagit régulièrement avec eux et on va faire de la pédagogie, notamment pour faciliter les échanges de données entre nous. Mais il y en a encore plein d’autres et en interne DREAL.
Alors, avec qui êtes vous en contact en dehors du service auquel vous appartenez, qui est le service patrimoine naturel ?
Actuellement, je suis en contact avec le SDIS, c’est le service déplacements, infrastructures et transports. On a commencé à travailler ensemble pour faciliter les échanges de leurs données qui sont relatives aux mesures en faveur de la protection de la biodiversité. C’est un service qui déploie beaucoup de chantiers et qui a donc de nombreuses données à faire valoriser. Prochainement, je souhaite aussi entrer en contact avec le CEA, le service environnement industriel, qui lui, instruit et contrôle les projets concernés par la réglementation sur les installations classées pour la protection de l’environnement, les ICPE.
Votre mission dure trois ans, avez vous déjà pensé à l’après DREAL ?
Un peu oui, même si comme je viens d’arriver, je me concentre essentiellement sur ma mission. Mais je commence tout juste à imaginer quelle pourrait être la suite. Déjà, je profite d’être ici à la DREAL, pour découvrir tous les thèmes et les métiers qui existent en lien avec la protection de la biodiversité. Et pour ça, j’ai juste à m’inspirer de mes collègues qui travaillent sur des domaines variés et je découvre en même temps ce que c’est que la fonction publique et comment, comment elle fonctionne. Ce qui fait que peut être qu’un jour je passerai mon concours pour devenir titulaire. Mais sinon, dans un autre registre, je me questionne aussi pour faire une thèse et pourquoi pas passer mon doctorat.
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