Interview d’une instructrice du registre des transports

Constance partage avec enthousiasme les missions relatives au registre des transports (marchandises, voyageurs et commissionnaires de transport).

Nous avons recueilli ses impressions.

Interview d’une instructrice du registre des transports

© DREAL Nouvelle-Aquitaine

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Alors Constance, vous travaillez depuis un an et demi à la DREAL Nouvelle-Aquitaine, mais vous êtes dans la fonction publique depuis treize ans déjà. C’est ça?
Tout à fait. Ça passe vite. Et est ce que vous considérez que votre parcours est atypique dans la fonction publique? Je dirais que oui et non. Parce qu’en fait, moi, initialement, je suis une formation en comptabilité et ensuite j’ai commencé par une vacation au sein de la DREAL en région Centre et qui s’est suivi par un recrutement sans concours. Donc j’ai eu cette possibilité là. C’est pas souvent. J’ai commencé par un poste au centre de prestation comptable, donc c’est vraiment de la comptabilité pure et dure. Ensuite on m’a contacté pour occuper un poste en tant qu’assistante et suivi budgétaire, donc au sein du service environnement industriel et des risques, c’est plutôt intéressant. J’y suis restée six ans et puis ensuite j’ai été entre guillemets, happée par le registre que je ne connaissais pas du tout et qui est vraiment un milieu très intéressant et très varié.

Qu’est ce qui vous a attiré dans les profils de poste que vous avez choisi? La comptabilité, les chiffres?
C’est vrai que c’est mon truc. Donc il y a toujours ce fil conducteur sur les différents postes que j’ai occupés encore à présent. Au niveau du registre, on a une partie qui est liée à la capacité qu’on appelle la capacité financière et qui, du coup, me permet de toujours être un peu dans les chiffres.

Vous avez changé de région, vous étiez auparavant dans la région Centre Val de Loire, vous avez rencontré des difficultés pour trouver un poste en Nouvelle-Aquitaine ?
Ça n’a pas été évident. Et puis moi, mon idée, c’était de pouvoir continuer sur le registre puisque j’avais déjà un poste au registre au niveau de la région, région centre.

Combien de temps vous avez attendu ?
J’ai attendu un peu plus d’un an en fait.

C’est quoi le registre des transports terrestres ?
Le registre transports terrestres, en fait, c’est la liste des entreprises qui sont autorisées à faire du transport, que ce soit de marchandises ou de voyageurs. Ça se présente sous forme de titres de transports qui sont délivrés à l’entreprise si celle ci respecte un certain nombre d’exigences. Donc on va trouver l’exigence d’honorabilité, c’est à dire qu’on va vérifier que le responsable est ce qu’on appelle le gestionnaire de transport. Non, pas plus d’un certain nombre de mentions sur leur casier judiciaire. On va avoir l’exigence d’établissement, on se doit de le contrôler. Ils doivent nous déclarer l’adresse de leur siège social avec des pièces justificatives. On va avoir l’exigence de capacité professionnelle. Donc là, c’est vraiment un diplôme d’État qui est valable à vie. Et enfin, l’exigence de capacité financière, donc qui se traduit par à la création d’entreprise, le montant du capital. Et puis après, tout au long de la vie d’entreprise, ce sera sur la base de sa liasse fiscale.

Pourquoi ?
C’est un enjeu pour l’État de vérifier la capacité financière d’une entreprise privée de transport. C’est un enjeu principalement. Déjà parce qu’il y a ce qu’on appelle la concurrence. La concurrence entre les transporteurs, elle est très forte. Il y a énormément d’entreprises en Nouvelle-Aquitaine et il est important que ces règles leur permettent d’avoir une concurrence loyale. Ensuite, il faut le voir un peu plus largement. Une entreprise qui ne respecte pas cette capacité financière, ça peut être une alerte, que ce soit pour ses clients, est ce que leur marchandise va arriver à destination? Est ce qu’en cours de route il ne va pas y avoir un problème? L’entreprise va arrêter net son activité et le client ne sera pas sa marchandise. Après, on travaille en partenariat avec nos collègues contrôleurs des transports terrestres qui eux, ont une action de terrain. Donc eux vont vérifier les documents administratifs présents à bord des différents véhicules. Ils vont contrôler les temps de conduite, les temps de repos.

J’imagine que toutes ces vérifications vous obligent à croiser avec d’autres services de l’État, peut être d’autres ministères ?
Alors, nous, on est amené à échanger du coup avec les finances, puisque c’est eux qui nous font parvenir les différentes liasses fiscales qui nous permettent de suivre, par exemple, la capacité financière avec l’intérieur puisqu’on contrôle les extraits de casier judiciaire. On échange également avec d’autres intervenants qui vont être les experts comptables, qui vont être les avocats. On essaye d’avoir aussi un langage d’information vis à vis d’eux, puisque souvent ce sont eux qui interviennent pour faire les démarches que les entreprises ne souhaitent pas faire elles mêmes. Et c’est vrai que c’est intéressant de pouvoir les informer le plus largement possible. Plus ils sont informés, plus les démarches qu’ils font prennent un sens pour eux aussi. Ils savent pourquoi ils doivent être plus vigilants sur les liasses fiscales par exemple, et accompagner l’entreprise. Et du coup, c’est vrai que ce triangle avec la DREAL fait que l’entreprise a plus de chance de bien vivre et de s’en sortir.

Mais vous êtes des fois en contact direct avec les transporteurs. Est ce qu’il n’y a pas des des frictions lorsque vous constatez des faiblesses dans le dossier ?
Les transporteurs on est en contact tous les jours. De toute façon, que ce soit par mail, par téléphone, par le biais des plateformes qui sert à faire les démarches, c’est très rare qu’il y ait des frictions. En majeure partie du temps, c’est plutôt des remerciements pour ce qui est de l’accompagnement même des entreprises à qui on fait des mises en demeure. A terme, ça arrive aussi qu’ils nous remercient parce que ça leur a permis d’avoir une alerte, parce que, à terme, ils se rendent compte qu’on n’est pas là pour les embêter. On est là aussi pour les accompagner. C’est aussi leur projet de vie. Et du coup, la plupart du temps, on a plutôt un bon échange.

On voit que c’est un métier qui vous tient à cœur, mais vous pensez parfois à un nouveau poste ?
Pas pour l’instant en tout cas. Ça fait déjà trois ans que je fais du registre et ça me plaît toujours. C’est un travail qui est prenant, qui est certes parfois un peu lourd, mais néanmoins, c’est intéressant, c’est diversifié, on a vraiment du contact. Pour l’instant, je ne me vois pas changer de poste.

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