Le risque de feux de forêt en Nouvelle-Aquitaine

La Nouvelle-Aquitaine est l’une des régions les plus exposées au risque de feux de forêt et de végétation en France. Ce risque, influencé par les conditions météorologiques, la nature des peuplements forestiers et la proximité des activités humaines, nécessite une vigilance constante. Les incendies de l’été 2022 en Gironde ont rappelé l’ampleur potentielle de ces phénomènes, menaçant rapidement les populations, les biens, les activités économiques et les milieux naturels.

Qu’est-ce qu’un feu de forêt ?

Un feu de forêt est un incendie qui se déclare dans un espace boisé ou qui s’y propage. Il peut également concerner des landes, des broussailles, des friches ou d’autres espaces naturels combustibles.

Feu de forêt et de végétation | @Thierry DEGEN - DREAL Nouvelle-Aquitaine

Le risque résulte de la rencontre entre :

  • une végétation susceptible de brûler (pins maritimes, broussailles, etc.) ;
  • un départ de feu ;
  • des conditions favorables à sa propagation (sécheresse, chaleur, vent) ;
  • des personnes, des bâtiments, des infrastructures ou des milieux naturels exposés.

En France métropolitaine, neuf feux sur dix sont d’origine humaine : imprudences, accidents, activités professionnelles ou actes de malveillance. La foudre constitue la principale cause naturelle.
Le relief, la continuité du couvert végétal et les difficultés d’accès peuvent compliquer l’intervention des secours. Chaque année, des arrêtés préfectoraux définissent les périodes et zones particulièrement exposées, en s’appuyant sur les prévisions de la Météo des forêts.

Une exposition différente selon les territoires

Le massif des Landes de Gascogne

Le massif des Landes de Gascogne, qui s’étend principalement sur la Gironde, les Landes et le Lot-et-Garonne, constitue l’un des territoires les plus exposés de la région. La densité des peuplements de pins maritimes, l’urbanisation en lisière de forêt et la présence de nombreuses habitations et activités au contact de la forêt peuvent favoriser la propagation rapide d’un incendie et accroître ses conséquences. La défense des forêts contre l’incendie repose notamment sur un réseau de pistes, de points d’eau et d’aménagements permettant la surveillance des massifs et l’intervention des secours.

Les autres territoires exposés

Le risque ne se limite pas au massif des Landes de Gascogne.
En Nouvelle-Aquitaine, les bois et forêts de la Dordogne et des Pyrénées-Atlantiques sont également réputés particulièrement exposés au risque d’incendie. La Gironde, les Landes et le Lot-et-Garonne relèvent du même classement.
D’autres massifs forestiers de la région sont classés à risque d’incendie. L’arrêté du 13 avril 2026 identifie notamment des massifs situés en Charente, en Charente-Maritime, en Corrèze, dans les Deux-Sèvres et dans la Vienne.
Ce classement tient compte de l’évolution de l’exposition au risque et permet d’adapter les mesures de prévention aux caractéristiques des territoires.
Avec le changement climatique, les périodes favorables aux incendies tendent à s’allonger et le risque s’étend à des territoires jusque-là moins fréquemment touchés.

Les incendies marquants en 2022 et 2026

L’été 2022
Au cours de l’été 2022, plusieurs incendies de grande ampleur ont touché la Gironde, notamment à La Teste-de-Buch, Landiras, Saumos et Arès. Plus de 30 000 hectares de forêt ont été parcourus par les flammes. La vitesse de propagation des incendies a conduit les autorités à évacuer préventivement près de 50 000 personnes.
L’incendie de La Teste-de-Buch a parcouru près de 7 000 hectares, dont une partie de la forêt usagère située à proximité de la dune du Pilat. Les incendies ont également affecté des milieux naturels fragiles, parmi lesquels des lagunes, des tourbières, des forêts anciennes et des sites abritant des espèces protégées.

L’été 2026
L’année 2026 a également été marquée par de nombreux incendies de forêt et de végétation en Nouvelle-Aquitaine.
En Gironde, l’incendie déclaré à Saumos le 22 juillet a parcouru environ 42 000 hectares et entraîné des évacuations massives dans de nombreuses communes.
Dans les Landes, un important incendie s’est déclaré le lendemain à Biscarrosse et s’est propagé vers Parentis-en-Born. Plus de 2 600 hectares avaient été parcourus dès le 24 juillet et 31 000 personnes ont été évacuées.

D’autres territoires de la région ont également été touchés. En juillet, deux incendies ont parcouru respectivement 130 hectares à Houeillès et 70 hectares à Réaup-Lisse, en Lot-et-Garonne. En Haute-Vienne, un incendie à Magnac-Laval a parcouru environ 165 hectares. Dans les Deux-Sèvres, six incendies de végétation ont mobilisé les secours au cours de la seule journée du 21 juillet.
Début septembre, un incendie de végétation a également parcouru plus d’une centaine d’hectares dans la vallée d’Aspe, entre Etsaut et Cette-Eygun, dans les Pyrénées-Atlantiques.

Comme en 2022, ces incendies témoignent de la rapidité avec laquelle un feu peut se développer lorsque les conditions météorologiques et l’état de la végétation sont favorables à sa propagation. Ils soulignent l’importance de la prévention des départs de feu, du débroussaillement, de la préparation des populations et de l’anticipation des évacuations.

Prévenir le risque de feux de forêt

La prévention repose notamment sur :

  • la connaissance et la cartographie du risque ;
  • l’information de la population ;
  • la surveillance des massifs ;
  • l’aménagement et l’entretien des pistes et des points d’eau ;
  • la maîtrise de l’urbanisation dans les secteurs exposés ;
  • le débroussaillement autour des constructions ;
  • la réduction des comportements susceptibles de provoquer un départ de feu ;
  • la préparation à la gestion de crise.

Les obligations légales de débroussaillement (OLD)

En application de l’article L. 131-10 du Code forestier, les propriétaires de terrains situés à l’intérieur ou à moins de 200 mètres d’un massif classé à risque doivent débroussailler les abords des constructions.

Débroussailler ne signifie pas supprimer toute la végétation. Il s’agit de réduire la quantité de végétaux susceptibles de propager le feu et de créer des discontinuités entre la forêt et les constructions, tout en maintenant les accès pour faciliter l’intervention des secours.
Accéder à l’article sur les obligations légales de débroussaillement.

Les bons réflexes

Avant un incendie

  • Consulter la Météo des forêts et les informations diffusées par la préfecture ;
  • Respecter les restrictions d’accès et de circulation dans les massifs ;
  • Ne fumer pas et n’allume pas de feu en forêt ;
  • Organiser les barbecues uniquement dans un espace autorisé, loin de la végétation ;
  • Éviter les travaux susceptibles de produire des étincelles ;
  • Garder un moyen d’extinction à proximité ;
  • Débroussailler autour de ton habitation si vous êtes concerné ;
  • Nettoyer régulièrement les feuilles et les aiguilles accumulées dans les gouttières et sur les toitures ;
  • Éloigner les réserves de bois, les bouteilles de gaz et les autres matériaux combustibles des bâtiments.

Si vous êtes témoin d’un départ de feu :

  • Alerter immédiatement les secours en appelant le 18 ou le 112. Les personnes sourdes ou malentendantes peuvent contacter le 114 ;
  • Indiquer le plus précisément possible le lieu, la direction prise par le feu et les éventuelles personnes menacées ;
  • Ne pas prendre de risque pour tenter d’éteindre un feu qui se propage.
  • S’éloigner dans la direction opposée à la fumée.

Si un incendie menace votre habitation :

  • Suivre les consignes des autorités ;
  • Se mettre à l’abri dans un bâtiment en dur ;
  • Fermer les portes, les fenêtres et les volets ;
  • Arrêter la ventilation et éloignez les matériaux combustibles sans vous mettre en danger ;
  • Ne pas prendre ta voiture, sauf si les autorités demandent d’évacuer ;
  • Laissez les accès libres pour permettre l’intervention des secours (ouvrir le portail).

Après l’incendie

  • Ne vous rendez pas sur les lieux de l’incendie, même si le feu semble éteint ;
  • Ne gênez pas le travail des secours et les opérations de sécurisation ;
  • Attendez l’autorisation des autorités avant de retourner dans un secteur évacué ;
  • Restez vigilant face aux chutes d’arbres, aux reprises de feu et aux autres dangers présents dans les zones brûlées ;
  • Respectez les milieux naturels fragilisés et les éventuelles interdictions d’accès.

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