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Prévention des risques
 

Zoom sur les bassins de l’Adour et de la Nivelle

Bassin de l’Adour

Long de 312 km, l’Adour prend sa source vers 2000 m d’altitude à l’est du Pic-du-Midi de Bigorre pour rejoindre l’océan Atlantique à l’aval de Bayonne.
Il draine un bassin d’environ 16 914 km² qui s’étend sur deux régions administratives (la Nouvelle-Aquitaine et l’Occitanie) et concerne 4 départements : Hautes-Pyrénées (65), Gers (32), Landes (40) et Pyrénées-Atlantiques (64).

Il présente trois entités géographiques distinctes :

  • une zone montagneuse au sud ;
  • un bas plateau en piémont de la chaîne pyrénéenne, limité au nord par la vallée de l’Adour (Chalosse et Béarn) ;
  • la zone forestière des Landes de Gascogne au-delà.
    Cette distinction s’établit sur des caractères physiques (relief, morphologie, climat, végétation, etc.) économiques et humains.

Du point de vue de son fonctionnement, le bassin de l’Adour peut se subdiviser en 4 parties :

  • l’Adour amont à proximité des reliefs les plus marqués de la chaîne montagneuse (fortes pentes, vallées encaissées) ;
  • les Gaves et la Nive, sur les départements des Pyrénées-Atlantiques, des Hautes Pyrénées et des Landes, rivières d’origine pyrénéenne et de nature torrentielle ;
  • l’Adour moyen (incluant la Midouze) correspondant au département des Landes au relief peu contrasté et comportant de larges champs d’inondation ;
  • l’Adour maritime, confluence des Gaves réunis et de l’Adour moyen, au régime complexe car soumis aux phénomènes de marée et de surcôte marine et influencé par la présence de zones de barthes (plaines alluviales inondables longeant les cours d’eau).

À la fois sous l’influence des perturbations océaniques (vents dominants ouest à nord-ouest, chargés d’humidité) et des blocages orographiques liés à la chaîne pyrénéenne qui s’élève brusquement au-dessus des plaines de piémont, le bassin reçoit des précipitations abondantes.

La pluviométrie normale est très hétérogène sur le bassin : elle varie selon les secteurs de 800 mm/an (Landes et Gers) à près de 3000 mm/an sur les crêtes pyrénéennes avec une moyenne de 1 400 à 1 500 mm/an environ, ce qui fait du bassin une des régions les plus arrosées de France.

La répartition des précipitations suit une logique saisonnière, avec une concentration en montagne de décembre à février. Sur le piémont, elle est plutôt observée de mars à mai et coïncide le plus souvent avec la période de fonte sur les hauts bassins.
Schématiquement, on peut distinguer trois types d’épisodes pluvieux générateurs de crues :

  • les pluies d’hiver, d’intensité moyenne mais durables. Elles concernent principalement la Chalosse, les Landes et les basses vallées des Gaves. Les crues sont puissantes, avec des temps de montée plutôt lents (ex : février 1952, décembre 1981) ;
  • les pluies de saison chaude occasionnent, quant à elles, de véritables averses torrentielles d’intensité très élevée. Elles s’abattent sur les hauts bassins pentus, dénudés et peu perméables et peuvent provoquer les crues les plus brutales sur les Gaves et la Nive (ex : juin 1875, octobre 1937).
  • les orages, s’ils ne sont pas associés à des pluies de saison chaude, peuvent rarement engendrer de crue importante des Gaves, de la Nive ou de l’Adour. Ils peuvent cependant créer des crues violentes de manière très localisée et des variations brutales de hauteur d’eau dans les rivières.

Vis-à-vis de leur impact sur l’hydrologie du bassin, deux autres phénomènes sont à considérer :

  • l’importance du manteau neigeux, qui en fonction des périodes et des températures peut tout aussi bien conduire à de la rétention nivale (températures basses) limitant les apports d’eau ou au contraire à une fonte printanière à l’origine de ruissellement alimentant le réseau hydrographique,
  • la marée qui lors de gros coefficients (marée d’équinoxe notamment, mais pas seulement) conjugués à un phénomène de surcote (basses pressions et vent) peut engendrer des débordements sur la partie maritime de l’Adour ; de telles conditions défavorables bloquent ou ralentissent l’évacuation des débits et prennent d’autant plus d’importance que les ondes de crue et de marée sont concomitantes (exemple : février 2009 à Bayonne).

Bassin de la Nivelle

La Nivelle est un fleuve côtier du Pays Basque, situé le plus à l’ouest de la chaîne pyrénéenne. À l’altitude de 520 m, elle prend sa source en Espagne et se jette dans l’océan Atlantique au niveau de la baie de Saint-Jean-de-Luz après un parcours de 39 km, dont 27 en France. Son bassin de 238 km² (dont 171 en France) au chevelu dense se décompose en 5 sous-bassins d’affluents principaux.
Sous l’influence des masses d’air d’origine océanique, le bassin de la Nivelle bénéficie d’un climat océanique tempéré contrasté par altitudes, et défini par deux paramètres :

  • l’influence océanique, qui engendre une régulation thermique et pluviométrique, mais entraîne une variabilité importante du climat ; son effet diminue d’ouest en est,
  • l’influence de la chaîne des Pyrénées, qui renforce les précipitations par flux nord-ouest, son effet, qui provoque régulièrement un blocage orographique, diminue du sud vers le nord.