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Prévention des risques
 

Bassin de la Charente

Ce bassin est touché par des perturbations océaniques. Les crues d’origine fluviale sont à propagation lente. La difficulté vient de l’influence maritime présente à l’aval du bassin (comme pour la Seudre et le Marais Poitevin). En particulier, les phénomènes de remontée de la surcote maritime dans les estuaires nécessitent l’utilisation d’un réseau et d’une modélisation spécifiques.

La Charente prend sa source à Chéronnac (alt. 310 m), dans le département de la Haute-Vienne. Jusqu’à l’embouchure à l’Océan Atlantique, elle draine un bassin versant d’environ 10 000 km² sur 6 départements (Charente, Charente-maritime, Deux-Sèvres, Vienne, Haute-Vienne et Dordogne). La Charente, dont la topographie du lit est peu heurtée, s’étire sur 374 km avec de faibles variations d’altitude d’amont en aval. La pente du lit décroît rapidement d’amont en aval pour devenir très plate en zone estuarienne. Le bassin versant est de forme légèrement étirée d’ouest en est. Les crues de la Charente et de ses affluents résultent d’épisodes pluvieux océaniques dont la répartition spatiale est généralement homogène sur le bassin. Le régime de crues et de décrues est plutôt lent (plusieurs jours à plusieurs semaines) et saisonnier (novembre à avril). En été, l’ensemble du bassin connaît des étiages importants. La Charente amont (de la source à Angoulême) est de forme ramassée qui favorise l’émergence d’une onde de crue par convergence de la Charente, du Bandiat et de la Tardoire. La réponse du bassin versant de la Tardoire est à cet égard plus rapide que celle des bassins versant des autres affluents de la Charente.
Le Karst, à l’extrême sud-est, absorbe une partie des ruissellements et contribue notamment au régime d’étiage de la Tardoire. Cependant, les eaux qui se perdent dans le Karst ressurgissent dans la Touvre, principale source de la Charente en été.
La Charente moyenne (d’Angoulême à Saintes), au relief peu marqué, draine les eaux des affluents aval que sont l’Antenne, le Né, et la Seugne. Leurs bassins totalisent plus de 25 % de la superficie de tout le bassin versant de la Charente. Ces affluents se rejoignent tous trois en amont du secteur de Saintes ; leur régime et la superposition de leurs crues jouent un rôle important sur les niveaux d’eaux à Saintes. Comme la Tardoire, le bassin de la Seugne a une réponse courte, inférieure à la journée entre Pons et Jonzac.
La contribution de la Boutonne se fait sentir pratiquement à l’embouchure de l’estuaire, en zone d’influence de marée. A l’ouest, le littoral et les marais ont une topographie très plate. La Charente aval est directement concernée par l’influence de la marée (2 fois par jour) : l’amplitude du marnage est variable en fonction du coefficient de marée. En fait, la hauteur d’eau varie aussi en fonction des conditions météorologiques (pression atmosphérique, champs de vent, etc). Selon que ces facteurs amènent une diminution ou une augmentation de la hauteur d’eau par rapport à la marée, on parle de décote ou de surcote. Les surcotes constituent un facteur aggravant par la submersion marine et, pour les inondations en amont de l’estuaire de la Charente, par le blocage des écoulements d’eau douce.
Les crues de référence à Saintes sont celles de 1982 et 1994.